vendredi 14 septembre 2012

Inde, le 10 Septembre 2012 : Varanasi (Bénarès)

Je quitte Calcutta par un train de nuit, direction Varanasi, peut-être plus connue sous le nom de Bénarès.

Varanasi est la ville sacré d'Inde pour les Hindous. Elle se situe entre Calcutta et Delhi, au Nord de l'Inde. La ville s'étend sur la rive Ouest du Gange, face au Soleil levant, alors que la rive Est est désertique.
Le Gange est la rivière sacrée en Inde. C'est pour ceci que les hindous viennent ici pour se purifier en se baignant dedans (même si il n'existe pas plus sale que le Gange ! Si tu bois l'eau, t'es mort !).

De même, dans la traditions hindoue, ils viennent brûler leurs morts sur les rives du Gange afin de disperser les cendres et les os dedans. Ainsi, à Varanasi, toute l'année il y a des crémations. Ils peuvent brûler jusqu'à 300 corps par jours...

La veille ville est un labyrinthe de petites ruelles dans lesquelles on se perd très facilement. On croise communément des vaches ou des processions de gens portant un brancard en bambou avec un mort dessus, pour aller le brûler.
Pour les vaches, on dit qu'elles sont sacrées en Inde. Je ne pense pas que le terme "sacré" soit le plus approprié. On va dire qu'elles sont intouchables (elles vont où elles veulent quand elles ne sont pas attachées), mais je ne vois pas beaucoup de respect de la part des indiens envers ces animaux. Elles vivent dans les poubelles, en mangeant les ordures. De temps en temps on en voit enchaînées à un poteau, avec 10cm de mouvement possible...




Ci-dessous une cérémonie de crémation, ou au début ils plongent le brancard en bambou avec le corps dans le Gange.



Ce sont les fameux Ghats de Varanasi : l'aménagement des berges du Gange pour les ablutions.








On peut y voir quelques singes...



mardi 11 septembre 2012

Inde, le 6 Septembre 2012 : Visite d'une leproserie

Comme le jeudi il n'y a pas de service dans les centres des missionnaires de la Charité, je pars visiter une léproserie, dans la banlieue de Calcutta.
Cette léproserie accueille donc près de 250 lépreux. Elle est tenue par 8 frères missionnaires de la Charité.
Elle fût donc créée par Mère Térésa.
La lèpre est encore bien présente en Inde. On reconnait facilement les lépreux à leurs moignons. La lèpres fait perdre les extrémités (doigts).
C'est une bactérie qui s'attaque aux nerfs. C'est donc contagieux. Les symptômes sont des pertes de sensibilité sur la peau, des taches sur le corps, déformation du visage, perte des extrémités...
Maintenant, la lèpre se soigne très bien, facilement. Par contre, les personnes non soignées ramassent !

Cette maladie est fourbe, car elle ne s'attaque pas aux organes vitaux. Donc on ne meurt jamais de la lèpre. On meurt de l'une de ces conséquences (infections...).

Le problème de cette maladie est non seulement sur le côté physique bien sûr, mais aussi sur le côté familiale et sociale. Les gens atteins par la lèpre sont exclus de leur famille, de la société... même si ils ne sont plus contagieux.
C'est pour ceci que les léproseries, non seulement soignent les lépreux, mais accueillent aussi leurs familles, ont des écoles pour leurs enfants... s'occupent des personnes ne pouvant plus réintégrer la société (typiquement le gars qui n'a plus de mains ni de pieds... c'est tout de suite plus dur !).


Ce fût encore très intéressant... ce qui ne m'a pas épargné de chopper la lèpre... ! (J'avais encore mes doigts pour prendre la photo ;-)


Inde, le 3 Septembre 2012 : Missionnaires de la Charité - Les mouroirs de Calcutta

A Calcutta, tout le monde connait Mère Térésa.
Mère Térésa est sans doute la personne la plus connue de Calcutta, de part son oeuvre.

D'origine albanaise, Mère Térésa quitta sa famille pour devenir religieuse. On l'appelait alors Sœur Térésa.
Elle partit en Inde où elle fût enseignante pendant une dizaine d'années. Elle fût touché par la misère des bidon-villes de Calcutta.
Le 10 Septembre 1946, pendant un voyage en train, elle eut une sorte d'expérience mystique, un appel lui disant de consacrer sa vie aux pauvres. On appelle cela "l'appel dans l'appel" (puisqu'elle fût déjà appelée à être Sœur).
Ainsi, en 1950, elle fonda un nouvel ordre religieux catholique : les Missionnaires de la Charité. Ces personnes consacrent leur vie entière au service des pauvres. Cette congrégation a grandi, et maintenant on trouve des missionnaires de la Charité partout dans le monde. Leur maison mère est à Calcutta.
Ainsi, alors que les sœurs n'avaient pas encore de couvent, Mère Térésa créait un mouroir dans le quartier de Kalighat dans Calcutta. C'est un endroit pour accueillir les personnes en fin de vie. Elle créa ensuite de nombreux centres pour accueillir des orphelins, des enfants, des handicapés, des lépreux...
En 1975, elle reçut le prix Nobel de la paix.
Tout ceci ne fonctionne que sur le principe du don de soi aux pauvres. C'est à dire que les missionnaires de la Charité vivent dans la simplicité, partageant leur temps entre la prière et le donner aux pauvres. Tout fonctionne par des donations et du volontariat. Beaucoup de volontaires viennent du monde entier pour les aider.
Les centres accueillent les pauvres dans le besoin indépendamment bien sûr de leur religion. La plupart sont hindous, ou musulmans. De même, les volontaires ne sont pas forcément catholiques. Beaucoup viennent d'Asie (Chine, Japon, Coré) et ne sont pas catholiques. L'entraide envers les pauvres n'a pas de religion !
Mère Térésa meurt en 1997. Elle repose à Calcutta, dans la maison mère.


Voici la tombe de Mère Térésa... au rez-de-chaussée de la maison mère, dans une salle quelconque. C'est un gros bloc de marbre.



 Je suis resté donc une grosse semaine à Calcutta. J'ai proposé mes services auprès des soeurs missionnaires de la Charité. Une semaine est bien peu par rapport à d'autres volontaires qui viennent plusieurs mois... ou encore beaucoup moins face à ces personnes qui consacrent leur vie !
Tout le monde est accueilli, comme il est. Pas besoin de compétences particulières. D'abord, il faut rencontrer l'une des sœurs afin de lui dire dans quel centre on veut servir, et ainsi avoir le pass qui correspond (car on entre pas dans les centres comme dans un moulin... ce qui est normal !).

Je choisi d'aller dans le mouroir de Kalighat. Ce fût le premier centre créé par Mère Térésa. Une centaine de personnes est accueillie, moitié homme moitié femme (en ce moment il y a un peu moins de femme).
Il faut clairement laisser sa sensibilité de côté ! Je ne m'occupais que des hommes. Ils sont dans de sales états.
Le service est de 8h00 à midi tous les jours, sauf le jeudi, où il n'y a pas de service (pour les volontaires !). Les journées se ressemblent. On commence par laver le linge des malades, l'étendre, puis on leur donne leurs médicaments quand ils en ont, on les nourrit, on s'occupe d'eux (aller aux toilettes, on les aident à marcher un peu, ...). En fait, le plus important est la présence, le fait qu'ils se sentent entourés et pas tout seul. Ça se voit très clairement car ils ont le sourire aux lèvres quand ils nous voient.
Les gens qui sont accueillis ici sont ceux qui ne pourrait pas vivre dans la rue, à cause de leur maladie, de leur handicap, ... Ce n'est pas un hôpital. Les soins sont rudimentaires. Les gens viennent mourir ici.

Ce n'est pas toujours très drôle. Le ton fût donné dès mon arrivée. Après être arrivé depuis 20 minutes, j'étais donc en train de laver le linge des malades lorsque je vois passer juste derrière moi un brancard avec un mort dessus, enveloppé dans du tissu...
Le deuxième jour, on accueille une nouvelle personne. Un homme, la soixantaine peut-être, vraiment dans un sale état, venant de la rue. On le lave et l'habille, et on le met dans un lit. Ce moment là fût très intense et émouvant... le fait de voir les sœurs s'affairer à sauver cet homme (perfusion...) par pure gratuité et don de soi, alors que le gars donnait beaucoup plus envie de continuer son chemin en l'ignorant. Le pauvre homme... deux jours plus tard il était mort. Il est arrivé en quelque sorte à la dernière minute, car cela lui a permis de mourir entouré. C'est toujours mieux que de mourir dans un carton dans la rue, face à l'indifférence de tout le monde.
En venant là, on voit ce que "mourir dans la dignité" signifie, et surtout qu'il n'y a pas de lien entre dignité et souffrance (ce que notre société comprend mal !). Car en même temps, c'est clair qu'on les voit souffrir.
Mon dernier jour, une personne de plus était morte pendant la nuit. Et on en accueillait encore une, ramassée dans une bouche de métro.

Comme je le disais, juste une semaine n'est pas grand chose, mais ça a de la valeur quand même ! Ça permet de bien se rendre compte de ce qui se passe dans ces mouroirs. C'est une vrai leçon de vie, et on est bluffé en voyant ce que d'autres personnes donnent à ces pauvres.
Mère Térésa disait qu'elle voulait se donner "aux plus pauvres des pauvres". Après avoir vu la misère de Calcutta, je vois mieux ce que cela signifie et ce que peut être la misère d'un bidon-ville.

 Ci-dessous le mouroir de Kalighat, nommé "Nirmal Hriday" qui veut dire "coeur pur" en Bengali.



Inde, le 1er Septembre 2012 : Calcutta

Me voilà arrivé en Inde... à Calcutta, maintenant appelée Kolkata.

Calcutta est une grosse ville, la quatrième d'Inde. C'est la capitale de la province du Bengale, tout au Nord Est de l'Inde. C'était auparavant la capitale des Indes anglaises.

La ville est très peu développée. On y voit une grande misère. Je m'y étais mentalement préparé, car  j'avais déjà eu l'occasion d'en entendre parler. Dès l'arrivée à l'aéroport, on note la différence standing ici ! On fait un saut dans le passé !

La ville est très peuplée, l'activité est dense. Tout le monde klaxonne tout le temps. C'est très bruyant.
La ville a aussi une odeur... dans toutes les rues on sent quelque chose. De temps en temps de bonnes épices... mais la plupart du temps l'odeur est nauséabonde. Calcutta est une sorte de bidon ville géant. Les ordures trainent de partout. Quelque fois on a l'impression de marcher dans une poubelle.
Le climat est chaud. J'arrive à la fin de l'été, mais la température est encore élevée (30°c) et l'atmosphère est humide. C'est un climat tropical. La mousson n'est pas encore terminée. Bientôt. Donc de temps en temps il y a de grosses averses, où il faut mieux trouver quelque chose pour se réfugier !
On voit bien sûr les vaches et les chèvres dans les rues. Les moyens de transports sont vétustes : vieux taxis, rickshaws, sinon charrettes tirées par la force d'un homme, comme à l'ancienne.
Côté architecture, on voit des vestiges de l'époque coloniale.

La pauvreté est grande. Des enfants dorment sur les trottoirs sans rien sur eux, les gens se lavent dans la rue avec de l'eau qui est déjà noire. De temps en temps, les gens font leurs besoins aussi dans la rue...
















Il y a des beaux monuments, comme la cathédrale Saint Paul.



Le plus connu est le mémorial de la reine Victoria.






dimanche 2 septembre 2012

Thaïlande, le 28 Août 2012 : L'île de Koh Tao

De Chiang Mai, je suis descendu dans le Sud de la Thaïlande en enchainant deux trains de nuit. Le premier pour retourner à Bangkok. Je passe juste récupérer mon passeport déposé la semaine précédente. C'est bon, j'ai mon visa indien !


Puis de Bangkok, je prends un autre train qui va à Chumphon. De là, je prends un bus puis un bateau pour rejoindre la petite île de Koh Tao.

Les îles du Sud de la Thaïlande sont assez paradisiaques ! Leurs noms commencent donc toutes par "Koh" qui veut dire île ! Il y en a donc des connues, comme Kho Phi Phi, qui est la célèbre île du film "The Beach". La plus connue de toutes, incontestablement, est Koh Lanta !


Koh Tao se trouve donc dans le golf de Thaïlande. C'est un spot très réputé pour la plongée (dommage, car je ne plonge pas... "Pourquoi t'essayes pas ?" - parce que ça ne me tente pas ! J'aime pas l'eau).

Je suis donc resté trois jours sur cette île. L'occasion de pas mal marcher, à défaut de pratiquer la plongée. J'ai traversé l'île (elle ne fait que trois kilomètres de large !) pour aller voir des coins plus sauvages de l'autre côté. C'est sûr, dès que l'on s'éloigne des plages, il n'y a plus personne. C'est donc très calme !

Par contre, étant une île facilement accessible de Bangkok, elle est blindée de touristes... européens... français ! Rencontrer des français à l'autre bout du monde n'est pas ce qui me plait le plus dans mon voyage (même si ils sont surement très intéressants) ! Donc niveau culture thaïlandaise : zéro. C'est juste sympa deux trois jours pour décompresser. Je n'y resterais pas deux semaines !











J'ai donc rejoins une petite crique au bord de l'eau où je me suis posé un moment... Je me suis baigné aussi. Très sympa !